Low tech versus high tech : et nous dans tout çà ?


 

Dans tous les domaines, aussi bien les multiples secteurs d’activité professionnelle que ceux de la vie privée, nos sociétés sont aujourd’hui formatées par la high tech, dont les data centers (centres de données), l’intelligence artificielle, les biotechnologies et la robotique… sont les aspects les plus connus.

Elle constitue le prolongement historique de ce qu’au début du XXe siècle on appelait le machinisme. Et tout comme ce dernier, symbolisé par les figures de Chaplin dans Les temps modernes et du héros de 1984, de George Orwell, elle inspire aux écrivains de science fiction et à certains essayistes des récits inquiétants, qui la présentent comme l’origine de l’idéologie productiviste, fondée sur le culte de la croissance économique, destructrice des écosystèmes, mais également comme le fondement de systèmes totalitaires en devenir.

A l’opposé, différents théoriciens développent des concepts visant à conférer à la technique un visage humain, une fonction à la fois respectueuse de l’environnement naturel et des libertés individuelles. A cet égard, les low tech seraient à la high tech ce que les médecines douces seraient aux antibiotiques.

Après avoir brièvement souligné les dangers réels (sociaux, économiques et écologiques) que représente la high tech, nous nous attacherons à développer le concept de low tech, en partant d’un ouvrage écrit en 2014 par un ingénieur français, Philippe Bihouix, “L’âge des low tech, vers une civilisation techniquement soutenable” (Seuil). Nous nous focaliserons tout particulièrement sur les concepts d'EROI (Energy Return On Energy), de rendements décroissants, de peak everything, de limites du recyclage, d’usages dispersifs et d’effet rebond.

Nous débattrons ensuite de questions plus fondamentales, à savoir les conditions de possibilité et d'acceptabilité des low techs, autrement dit des transformations sociétales nécessaires à leur mise en pratique. En effet, si les promoteurs du concept de low tech souhaitent ne pas passer pour de doux rêveurs, partisans de l’artisanat pour tous, voire du fameux « retour à la bougie », ils ne peuvent faire l’économie d’une réflexion de fond sur ce que la philosophe allemande Hannah Arendt appelait « la condition de l’homme moderne ».

 Samedi 23 juin, 18h
3C (Café Culturel Citoyen)
23, boulevard Carnot, Aix

Exposé-débat avec Nicolas Decome

Présentation générale du cycle : RÉVOLUTION ET/OU BONNES QUESTIONS